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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 18:08

 

Pour cette exposition organisée et mise en scène par le Conseil Général de Vaucluse, le propos est clair : associer des artistes contemporains au musée d'histoire Jean Garcin de Fontaine de Vaucluse, consacré à la seconde guerre mondiale et à la Résistance, y compris à travers une très belle salle dédiée aux engagements des artistes avant et après la guerre. Propos judicieux, car on le sait l'art contemporain est né sur les ruines de l'après guerre.

 

Que NuagesAffiche de Didier Tallagran, reproduite partiellement ici 

La mise en espace, audacieuse par l'intégration des œuvres, une immersion dans les collections du musée, obligeait à un engagement des artistes sur un sujet particulièrement difficile, et pourtant fondamental. Comment répondre ?  

Évoquer l'horreur, l'absurdité de la guerre, celle d'hier et celle d'aujourd'hui ? Les soldats fondus de Pascal Bernier, répondent aux propos de Fiona Banner, de Gérard Gasiorowski, du collectif LPLT, de Robert Morris et de Didier Talagran. L'évocation des êtres disparus avec Christian Boltanski , Jean Marc Cerino, ou Sophie Ristelhueber. La guerre dans l'inconscient de l'homme à travers les vidéos de Pascal Convert ou de Zad Moultaka et Yalda Younès, dont la danse décalque la violence.

Dans sa série « Stille Nacht » Jean-Sylvain Bieth s'inspire des dessins d'enfants du camp ghetto de Terezin et les papillons de Pascal Bernier font penser à ceux dessinés sur les parois des chambres à gaz. Mais il ne s'agit pas de commémoration, ni d'un travail d'histoire, plus de la recherche de l'humanité. C'est la même recherche dans le travail de Pablo Garcia, sur les camps, emblématiques, les révisionnistes ne s'y sont pas trompés.

 

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Carole Challeau, à travers ses recherches personnelles sur le cabinet de curiosité, propose, avec l'intrusion d'objets du passé, on ne peut plus humains, dans l'art contemporain, de faire remonter ainsi la mémoire et les émotions liées à ces objets. Intégrés aux vitrines présentant la vie quotidienne sous l'occupation, ils nous renvoient à la peur viscérale que tous nous pouvons ressentir pour la guerre, mais aussi au pouvoir de dire non, comme le suggère son « armée des ombres ». C'est bien à ce simple pouvoir « de dire non », à celui de l'artiste de dénoncer, qu'est consacrée la dernière salle. Pouvoir de l'écriture, des mots, de l'image, démontré aussi par les vitrines consacrées à la propagande.

C'est aussi pour exalter ce devoir de résistance, que Pablo Garcia a choisi justement la Commune de Paris pour l'œuvre destinée à la façade du musée.


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Aller au delà du simple devoir de mémoire et s'interroger sur la parole de l'artiste aujourd'hui, plus qu'un simple témoignage, un regard qui dérange et questionne.

 

Il reste pourtant plusieurs questions. Tout d'abord, peut-on esthétiser l'horreur ? Certains des artistes présents dans cette exposition apportent leur réponse.
Peut-on vraiment assimiler, comme le fait Alexandre Nicolas, Hitler à Spiderman, ou l'inverse ? Peut-on considérer Hitler comme un héros du monde contemporain ? Le propos de l'artiste n'est certes pas simpliste et il s'agit bien de choix fondamental, de choix de valeurs. Certes, mais il ne faudrait pas minimiser l'étendue de l'idéologie nazie en l'assimilant à d'autres, plus dérisoires.


FRLD

 

 

Musée d'histoire Jean Garcin : 39-45 L'Appel de la Liberté

84 - Fontaine de Vaucluse

Jusqu'au 4 octobre 2010

"Que Nuages" - "But the clouds" d'après un poème de Wilian Butler Yeats de 1926, repris par Samuel Beckett pour sa pièce "But the Clouds" en 1977.


 

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26 juillet 2010 1 26 /07 /juillet /2010 09:11

 

Josef Nadj revient dans le festival d'Avignon 2010 avec une performance et une exposition, inspirées toutes deux par le corbeau :

 

Joseph Nadj entretien-copie-1

Extrait de la brochure du Festival

 

 

La performance, c'est est vraiment une, avait pour cadre la salle Benoit XII. Les liens entre la danse et le dessin se resserrent, les frontières disparaissent,  et Josef Nadj invente une écriture dansée et devient lui-même pinceau vivant par immersion dans une matière noire et scintillante à la fois.


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Photographie prise à l'issue du spectacle.

 

Une immersion totale aussi pour le spectateur emporté par la musique de Akosh Szelevényi qui d'un effleurement, d'un pincement ou dans un souffle fait naître une musique intemporelle qui accompagne le cheminement de Josef Nadj, jusqu'aux limites du supportable.

Un spectacle d'une rare intensité.


Les  dessins et photogrammes de Josef Nadj sont exposés à la Maison des Vins - jusqu'au 27 juillet, entrée libre.


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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 09:02

 

Georges Rousse est photographe, mais peut-on résumer son œuvre à ses photographies ? Sans doute servent-elles de but final aux constructions, ses « architectures virtuelles », mais celles-ci, entre land-art et art conceptuel, ont fini par prendre leur autonomie.

Ainsi ce sont elles qui s'exposent, à Saint Rémy de Provence, où il était l'un des nombreux artistes invités au festival AP'Art, et à la chapelle Saint-Charles d'Avignon.


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Sur le site de l'artiste http://www.georgesrousse.com/

 

 

Leçon de l'UniversitéUAPV – jeudi 15 juillet 2010


 

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Jean-Marc Ferrari, directeur de l'Ecole d'art d'Avignon et Georges Rousse

 

Chaque année, dans le cadre de ses « leçons » estivales l'université d'Avignon organise des rencontres et notamment avec l'artiste (les artistes) invité par le Conseil Général de Vaucluse à la Chapelle Saint-Charles. Georges Rousse a parlé de sa démarche, concrétisée par un petit film de Gilles Perru, qui montre comment l'artiste procède, depuis la visite sur les lieux, au départ des lieux en friche, la photographie sur place, le dessin,  puis la construction de l'installation qui va transformer l'architecture, jusqu'à la photographie finale, qui est l'œuvre.

 

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Extrait du film, capture lors de la projection.

 

« L’architecture est la condition première et préalable à mon travail. Sans elle et sans cette mémoire ultime de l’architecture que je souhaite conserver, mon œuvre n’existerait pas ».


S'il choisit au départ, des lieux abandonnés, quasiment en ruine, c'est pour leur charge poétique, le vécu qu'ils conservent encore dans les pans de leur structures, le mobilier qui peut demeurer encore. Il transporte donc son « atelier nomade" de lieu en lieu, contruit ses architectures éphémères, prend ses photos et repart. Il revient rarement sur place voir comment sa construction a évolué, ce n'est pas ce qu'il cherche.

Mais depuis, ses constructions elles-mêmes se visitent et occupent des lieux prestigieux, un château à Saint Rémy, une chapelle baroque à Avignon. Ici, elle habille l'espace, cachant et découvrant à la fois l'architecture de la chapelle, le cercle blanc comme un symbole de l'objectif par lequel entre la lumière. D'où le nom de cette exposition, qui est en fait le symbole du lux, unité de lumière.

 

Lorsqu'on entre, on découvre en premier la photographie, puis en se retournant, l'installation d'acier et de bois qui recompose l'espace. Le cercle blanc qui court depuis le sol jusqu'à encercler le soleil baroque qui domine l'autel. le reste de la structure est noir, opposition majeure de l'ombre et de la lumière. L'architecture dévoile plus qu'elle ne cache, elle dirige le regard. Le murmure du Monde, en fond sonore, l'humanise.

 

 

 

Exposition  :expo Brousse

du 26 juin au 17 octobre 2010

Entrée libre

Chapelle Saint-Charles – Avignon

http://www.vaucluse.fr

 

Les autres expositions de Georges Rousse ICI


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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 08:45

Le sculpteur Raphaël Mognetti nous convie à "une navigation entre nouvelles et anciennes créations, avec des légendes maritimes écrites par Catherine Monin".

 

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Une occasion de découvrir à travers des installations judicieuses, ludiques et poétiques, des sculptures de petite taille, qui sont plus que des maquettes...

 

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Un format auquel Raphaël Mognetti ne nous a guère habitués et qui apporte une dimension plus intime, plus précieuse, plus humaine, et même une certaine gravité dans le propos.
L'occasion aussi de voir comment travaille cet artiste passionné par le métal, de la maquette à la réalisation finale, ainsi la recherche pour des commandes précises.
Une promenade passionnante au milieu des œuvres à la découverte des rêves de l'artiste.

 

 

Exposition du 13 au 30 juillet 2010 - Tous les jours de 19 à 22 heures
111 avenue Charles de Gaulle - Le Pontet
http://www.raphaelmognetti.com/

 

 

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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 08:56

Titou Vergier présente ses dernières créations à la galerie Ducastel, place Crillon à Avignon, où elle est présente de manière permanente.



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Le IN et le OFF


 

Ses "dondons", inspirées de Niki de Saint Phalle peuplent toujours son univers tout de rondeurs et de couleurs. Si elles sont dans l'actualité elles ne sont pas des fashion victims, ce sont avant tout des femmes libres qui osent afficher leurs formes, calmes et sereines.

 


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Le papier mâché les fait légères, malgré leurs formes elles ne sont pas densité mais générosité. Le fil de fer, introduit depuis un stage auprès d'Isabeau Chirat à Caumont sur Durance, les accompagne, soit pour des duos de danseurs où l'homme se fait transparence, soit pour évoquer les membres. Les dondons ont pris de l'ampleur aussi, dans des sculptures de plus deux mètres.

 

 

 

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Autre clin d'oeil à l'actualité, à l'étage,

mais l'inspiration n'est pas celle que l'on croit,

à moins qu'elle ne soit commune ?

http://www.danielfirman.com/exhibitions/exhibitions.html


 

 

 

 

 

 

 

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Galerie Ducastel

9, Place Crillon

84000 Avignon

http://www.titouvergier.com

 


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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 19:06

Depuis hier, 21 juin, jour de l'été, le gigantesque éléphant dressé sur sa trompe est érigé sur la place du Palais des Papes. Image surréaliste dans le soleil couchant, avec la foule qui se presse pour la fête de la musique :

 

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Une oeuvre en bronze pesant six tonnes, et  il parait qu'elle oscille...

 

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Les élèves du CFA terminent l'installation de l'estrade qui entoure l'éléphant.


L'exposition Terra-Mare se tiendra dans trois lieux, du 27 juin au 7 novembre 2010 :

- à la Fondation Lambert

- au Palais des Papes

et au Petit Palais qui proposera des oeuvres gothiques de Majorque, dont Miquel Barceló est originaire.

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 01:09

 

Amélie Joos Short stories

 

 

Amélie Joos est une jeune artiste, d'origine allemande, qui vit et travaille à Avignon.

Elle nous propose dans cette exposition à la galerie Tampopo, ses peintures/dessin, histoires courtes qui sont autant de scènes de la vie quotidienne, passées au crible du regard de l'artiste. Elle travaille sur l'intime, ce qui ne s'exprime pas par les mots, justement, passe dans ce trait incisif auquel la peinture à l'huile donne sa densité.

Elle a besoin du support papier, sa dureté pour la précision, mais elle refuse la page blanche. Le support doit avoir déjà connu une vie et en garder les traces.

Le regard n'est jamais désespéré, ni introspectif. Amélie Joos interroge nos angoisses, nos enfermements, nos rêves, pour nous les donner à voir et à méditer.


PS : je ne joins pas de photos personnelles qui seraient bien trop réductrices,

sans aucun pouvoir d'évocation.

FRLD


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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 15:02

 

Après la réussite de l'an dernier, Claire de Chivray, Emilie Dezeuze, Hélène Langlet et Christine Rieflel ouvraient à nouveau leurs ateliers les 29 et 30 mai,


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et Ilka Kramer exposait ses photos sur l'enfance et la nature, dans l'atelier d'encadrement,


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et dans le petit local où était projeté la vidéo concoctée par Émilie Dezeuze, pour l'occasion, la fête des mères, et avec la complicité de leurs enfants. Une vidéo plutôt décapante, « Mèr(e)ditude », ou comment faire dire aux enfants ce que parfois ils n'osent même pas penser de leurs mères respectives. Drôle avec juste ce qu'il faut d'acidité.

On retrouve ce même décalage mêlé à beaucoup d'inventivité dans les objets qu'elle crée avec la complicité de Claire de Chivray. A retrouver sur leur site http://www.esperluettes.com/


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Emilie Dezeuze - Inventaire personnel

 

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  Installation dans le jardin

Hélène Langlet dorure et restauration

Christine Rieflel encadrement.

 

Le lieu :

1458 Chemin des Vignes – Ile de la Barthelasse


le site d'Ilka Kramer, où l'on peut retrouver ses photographies

http://www.ilkakramer.com/

 

Vous pourrez retrouver leurs créations lors du salon de printemps du Grenier à Sel les 18 -19 et 20 juin 2010 - Le Grenier à Sel - Rue du Rempart Saint Lazare - Avignon


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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 19:23

Correspondance avec soi-même amorcée lors du Parcours de l'Art 2009, au Cloître Saint Louis, qui prend toute sa dimension poétique ici.

Le soi de l'au dedans, notes intimes et repères d'avant le voyage, mesures des parcours, morceaux de soi que l'on laisse au passage, comme ceux-là égratignés dans les vignes, correspondances manquées ou abouties ; repères sur les cartes, souvenirs éclatés, emportés dans les valises de la mémoire.

Le soi de l'au delà du voyage, morceaux choisis et bris de lieux au verso des cartes postales.


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Une correspondance en direct de Berlin,

ville de tous les changements,

jeune malgré l'histoire qui suinte à tous les carrefours,

en miroir d'Avignon figée dans son patrimoine.


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La vision de Berlin par Julie Monnet est à découvrir en direct à travers les cartes postales qu'elle envoie au Centre Européen de la Poésie,

cartes envolées

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ou emprisonnées dans la vitrine des souvenirs,

et celles d'Avignon prisonnières du mur.


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Il est tant de manières de raconter le voyage, qui est avant tout personnel, et de le partager, Julie Monnet a choisi de le raconter jour après jour, à travers sa correspondance, ses notes et ses croquis.

 

Zurück Jeudi 10 juin, rencontre avec l'artiste de retour de Berlin dont elle rapporte un diaporama de la ville, vue à travers les vitres du métro aérien.

La dernière carte postale envoyée de Berlin est arrivée après elle, justement le 10 juin, hasard ?

Elle a rejoint ses soeurs pour un envol dans l'espace livre du centre de la poésie. Elles présentent ainsi simultanément les représentations figées des cartes postales, souvenirs que l'on envoie, et les collages du verso, composés à partir des photographies prises par Julie Monnet et qui nous parlent d'une ville à l'architecture composite, éclatée.


Julie Monnet est Nîmoise d'origine, elle a étudié les beaux arts à Avignon et a choisi d'assister d'autres artistes, comme ici pour ce séjour à Berlin, ainsi que le travail avec les jeunes, tout en menant à bien sa recherche personnelle. L'architecture l'interpelle directement et devient livre ouvert. Elle nous propose ici certaines de ses lectures.


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Exposition jusqu'au 26 juin 2010

 Centre Européen de la Poésie d'Avignon

4-6 Rue Figuière – Avignon

www.poesieavignon.eu


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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 21:49

 

Une nouvelle galerie ouvre ses portes à Avignon, au 3 de la rue Campane.

Il s'agit d'une galerie associative qui réunit six artistes autour d'un projet,

Gaël Anasse, responsable artistique, artiste signant GAX

Michel Anasse

Sylvestre Anasse

Sand Breton

Edith Schmid

Xavier Spatafora

La galerie présente des œuvres cédées ou déposées par les artistes dans un bel agencement utilisant à leur maximum les possibilités du lieu.

 

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Le projet : créer un atelier de formation à la restauration des œuvres en matériaux composites. Si le projet aboutit, cette formation serait assurée par Pascal Bigel, sculpteur agrandisseur, meilleur ouvrier de France, qui viendrait alors s'installer sur Avignon. Un vrai pari, lorsqu'on sait que cette formation fait défaut et que, par exemple,  50% du patrimoine des parcs et jardins est constitué de copies réalisées dans ces matériaux.

 

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Les artistes lors de l'inauguration, le mercredi 19 mai 2010


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